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L’humidité de l’air correspond à la quantité de vapeur d’eau présente dans un espace donné. À l’intérieur d’un logement, elle devrait idéalement se situer entre 40 % et 60 % d’humidité relative afin de garantir un environnement sain. De nombreuses recherches scientifiques, notamment celles publiées par Environmental Health Perspectives, ont mis en évidence plusieurs faits essentiels :
- Lorsque l’humidité intérieure est comprise entre 40 et 60 %, la survie et la capacité de transmission des bactéries et virus présents dans l’air diminuent sensiblement.
- Les acariens se développent difficilement en dessous de 50 % d’humidité relative, alors que leur prolifération devient maximale au-delà de 80 %.
- La majorité des espèces de moisissures ne parviennent pas à se développer lorsque l’humidité reste inférieure à 60 %.
Par ailleurs, un adulte libère chaque jour entre 2 et 2,5 litres d’eau par la transpiration, la respiration et les sécrétions corporelles. Dans un foyer de quatre personnes, cela représente plus de 9 litres d’eau diffusés quotidiennement dans l’air ambiant, sans compter l’humidité produite par les douches, la cuisson des aliments, le chauffage ou les appareils électroménagers. D’où l’importance de surveiller et de réguler le taux d’humidité pour préserver une atmosphère intérieure équilibrée.
En 2009, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié des recommandations sur la qualité de l’air intérieur, mettant en évidence un lien clair entre les environnements excessivement humides et un risque accru de maladies respiratoires.
La salle de bains : un point sensible à surveiller
La salle de bains figure parmi les pièces les plus exposées à l’accumulation d’humidité. Après une douche ou un bain, la vapeur d’eau se condense rapidement sur les murs, les miroirs et les surfaces froides. Ces conditions chaudes et humides constituent un terrain idéal pour l’apparition et la prolifération des moisissures.
Même si le reste du logement est bien entretenu et correctement ventilé, une salle de bains mal aérée peut suffire à déséquilibrer l’ensemble de l’habitat. Il est donc essentiel de veiller à ce qu’elle reste aussi sèche que possible.
Humidité excessive et moisissures : quels risques pour la santé ?
Un excès d’humidité dans l’air intérieur peut nuire directement au bien-être. Au-delà des odeurs désagréables, on ressent souvent une sensation persistante de froid humide, source d’inconfort et de fatigue.
Selon l’OMS, la présence prolongée d’humidité et de moisissures est associée à une augmentation significative :
- des infections respiratoires,
- des crises d’asthme et de leur aggravation,
- de l’essoufflement,
- des bronchites,
- des rhinites allergiques.
L’Institut américain de médecine (IOM) confirme également ces constats. Ses études montrent une hausse d’environ 50 % des pathologies asthmatiques et des épisodes de toux, ainsi qu’une augmentation de 52 % des symptômes touchant les voies respiratoires supérieures dans les logements trop humides. Les enfants et les personnes âgées y sont particulièrement vulnérables.
D’autres troubles peuvent également être favorisés par l’humidité et les moisissures :
- réactions allergiques dues à l’inhalation ou au contact avec les spores,
- aggravation des douleurs articulaires et rhumatismales,
- intensification des maux de tête chroniques de type tensionnel.
Comment limiter et maîtriser l’humidité chez soi ?
Contrôler l’humidité intérieure est à la fois possible et indispensable pour préserver la santé de toute la famille. Voici quelques bonnes pratiques à adopter au quotidien :
- Aérer régulièrement : faites circuler l’air dans chaque pièce pendant 10 à 20 minutes, une à trois fois par jour. Dans la salle de bains, ouvrez la fenêtre après la douche ou utilisez un déshumidificateur. Attention toutefois : une ventilation naturelle excessive peut entraîner des pertes énergétiques et favoriser l’entrée d’air extérieur pollué et non filtré.
- Installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC) : ce système renouvelle l’air de manière automatique, élimine les polluants et permet de maintenir un taux d’humidité stable et adapté.
- Limiter la vapeur en cuisine : utilisez systématiquement la hotte aspirante et couvrez casseroles et poêles afin de réduire la diffusion de vapeur d’eau.
- Gérer le chauffage intelligemment : en hiver, maintenez une température comprise entre 21 et 23 °C en journée et autour de 17 °C la nuit. L’air chaud retenant davantage d’humidité, un chauffage excessif peut accentuer le problème.
En appliquant ces mesures simples, vous contribuez à créer un intérieur plus confortable, plus sain et durablement bénéfique pour votre santé.